nouvelle vie
une nouvelle vie dans cette nouvelle maison ?
un tournant qui s'annonce ?
l'envie d'enfin lâcher ? arrêter cesser enfin de vouloir reconstituer l'enfer sur terre à tout moment ? arrêter enfin de me punir ?
me punir de quoi ?
pourquoi est-ce que je devrais travailler plus que tout le monde, être meilleure que tout le monde, réussir mieux que tout le monde et même parfaitement dans tout ce que j'entreprends ?
Parce que mon éducation a mis la barre trop haute.
Il n'y a pas d'autres raisons.
J'ai adhéré à cette barre trop haute, j'ai adhéré au principe de "tendre la joue gauche", j'ai adhéré à "il faut souffrir [pour ..]", j'ai adhéré à "on a rien sans rien" à "tu enfanteras dans la douleur", j'ai adhéré à tout. J'ai voulu souffrir.
J'ai voulu souffrir pour mériter une place au paradis.
quel paradis ? l'amour de mes parents ?
laissons mes parents vivre leur vie comme ils l'entendent, laissons-leur leurs vieux principes éducatifs dont eux-même sont revenus. Je suis grande.
Je suis grande.
Je suis une grande.
Je suis une maman.
Dans cette nouvelle maison, j'ai l'impression d'avoir encore passé une étape. Dans l'ancienne maison nous jouions encore aux playmobils. Là maintenant on est vraiment adultes, on est propriétaires. On est chez nous.
Je suis chez moi.
C'est moi qui décide.
(avec mon chéri néanmoins)
Je suis grande.
Et je n'ai rien à prouver à personne. Pas besoin de prouver que la vie est difficile.
J'ai développé jusqu'ici une bien trop grande tolérance à la frustration.
Une trop grande tolérance à la frustration. Quasiment la recherche de la frustration.
Ne jamais manger les bonbons, attendent qu'ils sèchent, qu'ils s'oxydent, attendre une année entière, et finalement ne jamais les manger.
Ne jamais dépenser d'argent, attendre qu'il fructifie dans un coffre-fort.. pour finalement me rendre compte des années plus tard que ça ne pèse rien de toutes façons face à un salaire, ça ne pèse rien face aux véritables dépenses de la vie : un loyer par exemple. J'aurais mieux fait de dépenser, de dépenser.
voilà : il faut dépenser.
oublier les préceptes d'épargne et de bas de laine.
Nous ne sommes pas en danger.
Il y a des marges de sécurité partout partout partout. On peut respirer.
On peut dépenser pour demander de l'aide ménagère, ou pour payer des baby-sitter.
On peut dépenser pour s'installer mieux, pour arrêter de vivre dans la gêne. On peut même vivre dans le confort. On peut s'acheter les choses les mieux, si on veut. On n'est pas obligé de se cantonner aux premiers prix.
Et même moi j'ai le droit de goûter à la vie, avec les dents, avec le nez, avec la langue. J'ai le droit de jouir.
J'ai le droit de jouir...
Libération !
Un gros cocon qui doit s'ouvrir.
j'ai commencé par dire que je devais me réserver le droit d'être pénible, notamment avec les enfants de Dominique. Oui c'est vrai ça, et j'ai commencé.
Je dois me réserver le droit de dire non aussi. De dire "c'est hors de question, là je ne peux pas. Et même si je pouvais, je ne veux pas."
Non non non et non.
et j'ai le droit de jouir, j'ai le droit de lâcher prise, j'ai le droit d'être défaillante vis à vis de mes enfants, de mes études, de mes copains, de ma famille, de ma maison, de mon statut de chômeur. J'ai le droit de prendre du repos.
J'ai le droit de prendre le temps de me reposer. Il y a urgence à prendre le temps.
Urgence à prendre soin de moi.
Mais j'espère encore faire de mes enfants un chef-d'oeuvre ?
Je veux qu'ils soient exceptionnels ?
Non je ne crois pas, je veux qu'ils soient heureux. Je veux qu'ils sachent comment vivre. Comment sourire, comment s'ouvrir, comment profiter de la vie. Je veux qu'ils sachent jouir, tout en restant respectueux...
Respectueux de quoi ?
le goût de l'effort ? La peine des autres ? la citoyenneté ? la sobriété ?
Je n'en sais rien.
Je ne sais pas comment je veux élever mes enfants !
hmmmm... la première des choses c'est qu'ils sachent qu'ils ont de la valeur. La première des choses c'est qu'ils aient confiance en eux. Et pour avoir confiance en soi il faut aussi avoir conscience de ses limites, et les accepter. J'aimerais réussir ça : que mes enfants sachent faire la paix : avec eux-même, avec les autres, avec les contraintes, avec les joies, avec les peines.
tout en programme !
Faire la paix voilà ce que je dois faire moi aussi pour commencer.
la paix.
me compresser moins, m'écouter plus, être plus tolérante avec moi et moins avec ma frustration !
ce que j'ai à faire passe après ce que je suis.
"on se débrouillera bien" dit-il dans la chanson.
et cesser de vouloir être minoritaire à tout prix !
un tournant qui s'annonce ?
l'envie d'enfin lâcher ? arrêter cesser enfin de vouloir reconstituer l'enfer sur terre à tout moment ? arrêter enfin de me punir ?
me punir de quoi ?
pourquoi est-ce que je devrais travailler plus que tout le monde, être meilleure que tout le monde, réussir mieux que tout le monde et même parfaitement dans tout ce que j'entreprends ?
Parce que mon éducation a mis la barre trop haute.
Il n'y a pas d'autres raisons.
J'ai adhéré à cette barre trop haute, j'ai adhéré au principe de "tendre la joue gauche", j'ai adhéré à "il faut souffrir [pour ..]", j'ai adhéré à "on a rien sans rien" à "tu enfanteras dans la douleur", j'ai adhéré à tout. J'ai voulu souffrir.
J'ai voulu souffrir pour mériter une place au paradis.
quel paradis ? l'amour de mes parents ?
laissons mes parents vivre leur vie comme ils l'entendent, laissons-leur leurs vieux principes éducatifs dont eux-même sont revenus. Je suis grande.
Je suis grande.
Je suis une grande.
Je suis une maman.
Dans cette nouvelle maison, j'ai l'impression d'avoir encore passé une étape. Dans l'ancienne maison nous jouions encore aux playmobils. Là maintenant on est vraiment adultes, on est propriétaires. On est chez nous.
Je suis chez moi.
C'est moi qui décide.
(avec mon chéri néanmoins)
Je suis grande.
Et je n'ai rien à prouver à personne. Pas besoin de prouver que la vie est difficile.
J'ai développé jusqu'ici une bien trop grande tolérance à la frustration.
Une trop grande tolérance à la frustration. Quasiment la recherche de la frustration.
Ne jamais manger les bonbons, attendent qu'ils sèchent, qu'ils s'oxydent, attendre une année entière, et finalement ne jamais les manger.
Ne jamais dépenser d'argent, attendre qu'il fructifie dans un coffre-fort.. pour finalement me rendre compte des années plus tard que ça ne pèse rien de toutes façons face à un salaire, ça ne pèse rien face aux véritables dépenses de la vie : un loyer par exemple. J'aurais mieux fait de dépenser, de dépenser.
voilà : il faut dépenser.
oublier les préceptes d'épargne et de bas de laine.
Nous ne sommes pas en danger.
Il y a des marges de sécurité partout partout partout. On peut respirer.
On peut dépenser pour demander de l'aide ménagère, ou pour payer des baby-sitter.
On peut dépenser pour s'installer mieux, pour arrêter de vivre dans la gêne. On peut même vivre dans le confort. On peut s'acheter les choses les mieux, si on veut. On n'est pas obligé de se cantonner aux premiers prix.
Et même moi j'ai le droit de goûter à la vie, avec les dents, avec le nez, avec la langue. J'ai le droit de jouir.
J'ai le droit de jouir...
Libération !
Un gros cocon qui doit s'ouvrir.
j'ai commencé par dire que je devais me réserver le droit d'être pénible, notamment avec les enfants de Dominique. Oui c'est vrai ça, et j'ai commencé.
Je dois me réserver le droit de dire non aussi. De dire "c'est hors de question, là je ne peux pas. Et même si je pouvais, je ne veux pas."
Non non non et non.
et j'ai le droit de jouir, j'ai le droit de lâcher prise, j'ai le droit d'être défaillante vis à vis de mes enfants, de mes études, de mes copains, de ma famille, de ma maison, de mon statut de chômeur. J'ai le droit de prendre du repos.
J'ai le droit de prendre le temps de me reposer. Il y a urgence à prendre le temps.
Urgence à prendre soin de moi.
Mais j'espère encore faire de mes enfants un chef-d'oeuvre ?
Je veux qu'ils soient exceptionnels ?
Non je ne crois pas, je veux qu'ils soient heureux. Je veux qu'ils sachent comment vivre. Comment sourire, comment s'ouvrir, comment profiter de la vie. Je veux qu'ils sachent jouir, tout en restant respectueux...
Respectueux de quoi ?
le goût de l'effort ? La peine des autres ? la citoyenneté ? la sobriété ?
Je n'en sais rien.
Je ne sais pas comment je veux élever mes enfants !
hmmmm... la première des choses c'est qu'ils sachent qu'ils ont de la valeur. La première des choses c'est qu'ils aient confiance en eux. Et pour avoir confiance en soi il faut aussi avoir conscience de ses limites, et les accepter. J'aimerais réussir ça : que mes enfants sachent faire la paix : avec eux-même, avec les autres, avec les contraintes, avec les joies, avec les peines.
tout en programme !
Faire la paix voilà ce que je dois faire moi aussi pour commencer.
la paix.
me compresser moins, m'écouter plus, être plus tolérante avec moi et moins avec ma frustration !
ce que j'ai à faire passe après ce que je suis.
"on se débrouillera bien" dit-il dans la chanson.
et cesser de vouloir être minoritaire à tout prix !
