25.9.03

horreur, malheur, etc.
Je ne retrouve pas mon agenda.
Et sans mon agenda, je suis perdue, plus encore.
Je ne peux pas imaginer que je ne vais pas le retrouver, et pourtant c'est un fait : il n'est pas là, il manque, il y a un trou dans l'air à la place de ce petit objet qui me permet de me situer dans le temps et dans les amis aussi.

17.9.03

Ce retour éclair dans le pays de mon errance tranquille m'a fait du bien. J'en ai quasiment retrouvé le sourire.

Comme chaque fois dans le train lorsque le contrôleur regarde mon billet, j'ai la crainte qu'il me dise en me regardant bizarrement : "mais vous n'êtes pas dans le bon train Mademoiselle, celui-ci ne va pas là où vous voulez aller". Et je suis toujours soulagée que ça ne se passe pas comme ça, quelque fois je me dis, il a dû mal regarder, ce n'est pas possible que je ne me sois pas trompée.
Plus jeune je faisais très souvent ce mauvais rêve qui me faisait prendre le train dans le mauvais sens. Je me retrouvais coincée dans des contrées inconnues (de plus en plus connues tellement je me trompais, au fil des rêves), et je cherchais le moyen de repartir par là où j'étais venue, tout en sachant pertinemment que je ne rattraperai jamais le retard. Quelquefois nous devions partir à pied sur les voies et les trains qui passaient nous effrayaient. On ne savait pas sur quelles voies marcher. Un peu comme sur la bande d'arrêt d'urgence il y a peu, lorsque les camions qui venaient de derrière moi klaxonnaient et me terrorisaient peut-être plus que de raison.

Tout ça est symptomatique de mon orientation professionnelle. Je crois que je suis partie dans la mauvaise direction et que je n'arriverai pas rattraper le retard. Ces rêves montreraient que ça fait longtemps que je le sais. Et ce soulagement lorsque le contrôleur ne remarque rien. Sartre, lui, n'avait pas de billet. Moi j'ai le mauvais.

15.9.03

Figurez-vous que par des hasards croisés, j'ai la télé.
Enfin, dans la chambre de ma coloc seulement.
Donc je me réserve le droit de ne pas la regarder.

Et pourtant, je la regarde. Parce que quand on mange devant la télé, on regarde la télé. Parce les épisodes débiles de feuilletons débiles plaisent à ma coloc. Mais il ne faut pas que je dise que c'est débile. Encore que après les avoir regarder, je peux peut-être le faire quand même.

D'ailleurs quel mal y a-t-il à aimer des choses débiles ? C'est distrayant. La télé ça calme le mal qu'on a, ça calme l'angoisse qu'on a, ça calme les démangeaisons d'action et la crainte d'être seul et médiocre. Ne rien faire en regardant la télé, c'est peut-être ça le bonheur aujourd'hui. Mais il y a toujours des gens comme moi pour lesquels un bonheur de ce genre reste inaccessible. Je continuerai donc à me morfondre, à tenter d'aller mieux sans espoir, à devoir appeler au secours pour vérifier l'affection qu'on me porte, à ne pas me suffire à moi-même, à ne pas vouloir aller bien, simplement, devant la télé.